Borsk Fey'lya

Borsk Fey'lya fut un homme politique issu de l'Alliance Rebelle, et eut un rôle important depuis deux décennies de politique galactique, jusqu'à devenir Président de la Nouvelle République. Afficher le sommaire

Borsk Fey'lya, autrement dit, si l'on se réfère aux Noms Bothans, Borsk - « fier » - de la famille Fey - « serviteur » - et du clan Alya, était un Bothan, à la fine toison crème et aux yeux violets. Il était né sur la colonie de Kothlis, dans l'Espace Bothan, et non sur Bothawui même, et sa famille compta dans ses rangs Desark Fey'lya, une génération plus tôt, ainsi que Shrithek Al'lya et Koth Melan. C'est suite à la mort de ce dernier que 65% des membres du clan, dont Borsk, choisirent de rejoindre l'Alliance Rebelle.

Avant d'intégrer l'Alliance Rebelle, Borsk Fey'lya s'était lancé dans les affaires, à l'échelle interstellaire. Mais la carrière de politicien d'envergure galactique allait bien mieux combler ses attentes...

Dignitaire de la Nouvelle République

Un homme politique redoutable

Borsk Fey'lya intégra l'Alliance Rebelle suite à la Bataille de Yavin, en tant que représentant des Bothans. Très vite, il intrigua pour se hisser au sommet. L'amiral Ackbar, estimant une telle attitude irresponsable vu la situation précaire de l'Alliance, ne mâcha pas ses mots pour le lui dire. Dès lors, les deux hommes ne pourront plus se voir en peinture...

La position d'Ackbar aurait dû lui permettre d'écarter le Bothan sans scrupules de l'échiquier politique. Sauf que les espions ayant découvert l'existence et les coordonnées de la Death Star étaient à son service, et non pas à celui du Réseau d'Espionnage Bothan. Fait d'arme sur lequel il s'appuya pour grimper, jusqu'à devenir membre du Conseil Provisoire. Une semaine après la Bataille d'Endor, il fit partie des neuf signataires de la Déclaration de l'Alliance des Planètes Libres.

Un homme politique inflexible... Un homme politique inflexible... En l'an 6, lors des réunions du Conseil Provisoire, Borsk utilisait une technique redoutable : à force d'interrogatoires serrés de tous ceux qui proposaient des actions, il obtenait souvent le mot de la fin, cherchant à passer pour un fédérateur qui mettait tout le monde d'accord. C'est tout juste s'il ne parvenait pas à faire passer l'idée que c'est lui qui validait les idées des autres. Il aimait tout particulièrement s'opposer à l'amiral Ackbar, qu'il considérait comme son plus grand rival. Et on peut aisément le comprendre : le génie militaire tactique d'Ackbar n'était plus à démontrer et faisait de lui l'un des dignitaires les plus puissants de la Nouvelle République. D'autant plus que les conflits étant loin d'être terminés avec l'Empire, son importance ne risquait pas de décroître avant un long moment. D'où la nécessité pour Borsk de se montrer en première ligne au niveau politique, afin de rester sur le devant de la scène.

Tous les moyens étant bons pour se faire entendre pour le Bothan, Borsk Fey'lya n'hésitait pas à délocaliser les réunions du Conseil Provisoire sur des planètes dont les conditions naturelles mettraient mal à l'aise ses collègues. S'ils s'échauffaient, ils perdaient en crédibilité, tandis que lui pouvait faire montre de sa maîtrise de soi et de son calme.

Il ne reculait devant rien pour prendre de l'avance sur ses collègues, qu'il ne considérait que comme des concurrents voire des gêneurs. Dès qu'il apprit que l'Escadron Rogue était reconstitué, il insista pour qu'il entre en action le plus tôt possible, au détriment de la formation imparfaite dont avaient bénéficié les pilotes. Peu lui importait : à ses yeux, l'Escadron Rogue n'était qu'un outil, et plus vite celui-ci réussirait des missions, plus Borsk pourrait se vanter d'avoir accéléré des choses et s'approprier une partie de ses victoires.

- Et vos pilotes ont laissé ce cargo s'échapper ?
- Conseiller Fey'lya, le navire disposait d'un armement lourd. Face à ses six chasseurs, il n'y avait que deux ailes Y et une aile X. En infériorité, nos forces ont de même réussi à éliminer les six chasseurs adverses et à endommager le cargo avant qu'il prenne la fuite. Mais l'attaquer aurait été un suicide.
- Je croyais que ce type de missions était la spécialité de l'Escadron Rogue.
_Borsk Fey'lya et Wedge Antilles

Il s'évertuait également, quand il ne pouvait faire autrement que reconnaître que ses collègues avaient de bonnes idées, à apporter sa pierre personnelle à leur édifice. Ainsi, lorsque la décision fut prise de partir à la reconquête de Coruscant, il proposa une diversion pour masquer les agissements de l'Escadron Rogue sur la planète-capitale. Cette diversion consistait à lâcher sur la planète des anciennes étoiles montantes du Soleil Noir, alors détenues sur Kessel : son argumentaire était que pendant que les autorités impériales leur courraient après, les Rogue seraient tranquilles pour faire tomber les boucliers de la planète.

Garder la main, toujours...

Quand Zsinj se fit menaçant alors que la reconquête de Coruscant n'était pas encore menée à bien, Borsk fit pression sur Ackbar pour que la reconquête se fasse le plus tôt possible, afin de pouvoir se concentrer sur cette nouvelle menace. Borsk devait d'autant plus garder la main au niveau politique que depuis la mort de l'amiral bothan Laryn Kre'fey, il n'avait plus de candidat valable à placer dans l'état-major de la flotte, ce qui risquait de réduire son influence. Une fois qu'Ackbar lui ait exposé son plan pour reprendre Coruscant, Borsk lui assura qu'il allait le présenter à Mon Mothma en leur nom à tous les deux, et s'assurer que le Conseil Provisoire l'adopte. Si Borsk parvint à phagocyter un plan avec lequel il n'avait rien à voir à l'origine, Ackbar, peu féru de politique, fut content d'avoir Borsk pour allié, pour une fois.

Borsk Fey'lya n'aimait pas beaucoup Wedge Antilles, aussi coupable qu'Ackbar à ses yeux de ne pas s'intéresser à la politique. Comme le Corellien était un héros, il ne s'opposa pas à lui quand il entreprit de présenter une pétition au Conseil Provisoire pour la libération de Tycho Celchu, accusé selon lui à tort de trahison. Pendant la session, Wedge menaça de parler publiquement en faveur de Tycho Celchu voire de démissionner, ce qui fit sourire Borsk. Il connaissait suffisamment Wedge pour savoir qu'il s'agissait de paroles en l'air, et que son sens du devoir l'obligerait à continuer à servir dans l'armée. Ce que Leia Organa rappela en aparté au Corellien. Borsk Fey'lya était assez redoutable pour ne pas agir directement quand il savait que d'autres pouvaient le faire à sa place. Ainsi, il était sûr de ne s'aliéner personne, en restant en retrait à bon escient.

Les réseaux d'influence

Borsk Fey'lya était un homme important chez les Bothans, sur qui il s'appuyait pour faire avancer sa propre position. Il n'avait de cesse de rappeler à tous que c'était des Bothans à sa solde qui avaient trouvé les plans de l'Étoile Noire. Quand il proposa de libérer des prisonniers de Kessel pour les envoyer sur Coruscant, il en profita pour essayer de récupérer un nombre conséquent de prisonniers politiques bothans.

S'il n'avait pas d'expérience militaire, il le compensait en faisant nommer des Bothans à des postes importants. Ainsi en fit-il pour Laryn Kre'fey, un lointain cousin. Malheureusement pour Borsk, l'amiral Kre'fey prouva vite son incompétence sur Borleias, ce qui lui vaudrait une mort rapide. Toujours dans le registre familial, l'un de ses principaux assistants fut son cousin Tav Brei'lya, notamment chargé des liens avec le groupe rebelle de Garm Bel Iblis.

Devant le Conseil, Borsk présenta un faux rapport de ses hommes affirmant qu'une petite dose de Bacta pouvait sauver les malades du Virus Krytos. Il espérait ainsi mettre la main sur une partie du stock possédé par la Nouvelle République : soigner des gens triés sur le volet pouvait lui permettre d'obtenir un nombre conséquent de nouveaux alliés. Mais il fut vite percé à jour par l'amiral Ackbar et se réfugia dans un mutisme prudent pendant le reste de la session.

Après la reconquête de Coruscant, Borsk continua à faire avancer ses pions, en parvenant à faire nommer une Bothane dans l'Escadron Rogue, Asyr Sei'lar. Il tenta d'exercer son influence sur elle en lui expliquant à quel point il était préjudiciable de la voir sortir avec Gavin Darklighter, jeune humain de l'Escadron Rogue : il souligna que certains Bothans éminents, dont il prétendit ne pas faire partie, trouvaient cela indécent voire contre nature, et qu'il allait essayer de les faire évoluer. Cette pseudo-marque de soutien affichée, il reprit ses machinations. L'Escadron Rogue était arrivé en retard pour prendre possession d'une livraison de Bacta, par la faute des troupes de Zsinj. Borsk voulut qu'Asyr rédige un rapport impliquant des responsables humains de la Nouvelle République quant au dit retard. La jeune femme fit mine d'apprécier l'attention qu'il lui portait, sans s'engager plus avant.

Borsk Fey'lya compta également dans ses soutiens le trouble Fliry Vorru, qui travaillait secrètement pour Ysanne Isard. Quand Vorru s'aperçut qu'Isard allait attaquer l'un de ses entrepôts de Bacta - pour renforcer sa couverture autant que l'affaiblir -, il n'hésita pas à prévenir Fey'lya. Le Bothan eut juste besoin de savoir que du vol de bacta était programmé par l'Empire, Vorru passant sous silence ses liens avec l'ennemi.
Il s'appuya également sur Trell'yar, avant que celui-ci ne s'avère être un traître.

Mais Fey'lya allait bientôt subir les conséquences de ses actes...

Un revers politique

Peu après la fuite du Lusankya de Coruscant, les membres de l'Escadron Rogue furent décorés par Mon Mothma, lors d'une cérémonie publique largement relayée par les médias. Les félicitations hypocrites de Borsk envers Wedge Antilles furent le prélude à une cassure aux conséquences importantes. Le chef des Rogue soutint qu'Ysanne Isard devait être poursuivie et mise hors d'état de nuire, ce que refusa tout net Borsk. Le Bothan lui ordonna de regagner le Mon Redonda avec ses hommes afin de se lancer à la poursuite du seigneur de guerre Zsinj. Pour le politicien aguerri qu'était Borsk, la prise de pouvoir d'Isard sur Thyferra ne regardait pas la République mais était un problème de politique interne. Les Rogue n'avaient donc pas le pouvoir d'intervenir.

À la suite de Corran Horn puis de Wedge Antilles, tout l'escadron donna sa démission. Y compris Asyr, qui désavoua par la même occasion Borsk. Le revers politique était important pour Borsk : les pions qu'il pensait manipuler se rebiffaient. Il était pris en défaut d'autorité et de légitimité. Sa carrière allait en pâtir un certain temps.

Signe qu'il était moins écouté, il tenta en vain un peu plus tard de faire dégrader l'amiral Airen Cracken, qui avait autorisé Booster Terrik à conserver le Virulent, un Super Star Destroyer dont il avait réussi à s'emparer. Par la suite, les relations entre Borsk et Booster seraient loin d'aller en s'améliorant.

Éliminer Ackbar

Bien que quelque peu discrédité, Borsk Fey'lya n'était pas du genre à se morfondre sur son sort. Plus que jamais, il se servit de sa position au Conseil Provisoire pour se faire entendre et s'approprier du pouvoir, toujours plus de pouvoir...

Politiquement parlant, il n'était pas sur le devant de la scène galactique : Mon Mothma, Leia Organa Solo et l'amiral Ackbar le surpassaient sur ce point. Il décida d'éliminer Ackbar, qu'il considéra vite comme son rival le plus sérieux... alors que le Mon Calamari, bien conscient de cet état de fait, refusait de jouer le jeu : il était certes le militaire le plus puissant de la Nouvelle République, mais entendait juste servir, pas mener des combats politiques. Il fit tout de même les frais des complots du Bothan...

Borsk insista lourdement à chaque échec de la Flotte sur le fait que la charge de commandant en chef des armées était peut-être trop large pour les épaules d'Ackbar. À force d'efforts de tous les instants, il devint un allié très proche de Mon Mothma, qu'il tenta de manipuler afin qu'elle adopte de plus en plus ses propres vues.

Thrawn, « allié » inespéré

La Campagne du Grand Amiral Thrawn, avec ses tactiques géniales, servirent de tremplin à Borsk Fey'lya. Il se posa dès lors en défenseur des armées de la République, qui méritaient mieux à leur tête qu'un Ackbar dépassé. Il fit passer le message aussi insidieusement que sournoisement, et parvint à augmenter le nombre de ses partisans dans les rangs armés. Son leitmotiv était toujours le même : s'arranger pour tirer profit des événements, quels qu'ils soient, pour faire avancer sa propre position. C'est ainsi qu'il se retrouva à la tête de la Faction anti-Ackbar.

Ce que Borsk ignorait, c'est que Thrawn était ravi de le voir mener sa carrière de cette manière. Au pire, il apportait de la confusion au sein des instances gouvernantes de la République. Au mieux, il pourrait même réussir à parvenir au pouvoir, or il n'avait pas l'envergure tactique pour diriger la République militairement parlant. Quoi qu'il arrive, Borsk Fey'lya ne pouvait qu'être utile à Thrawn. Ce dernier savait néanmoins qu'il ne pouvait pas approcher le Bothan en vue d'une alliance formelle - ni même informelle -, car Borsk croyait réellement en ce qu'il faisait, comme en ses compétences.

La chute d'Ackbar

Un Bothan dévoré d'ambition... Un Bothan dévoré d'ambition... Quand Borsk Fey'lya, appâté par des informations secrètes impériales, dévoila qu'Ackbar possédait un compte bancaire illégal sur lequel transitait énormément d'argent, le Mon Calamari fut déchu de son pouvoir en attendant la contre-enquête. Borsk en profita pour obtenir du Conseil certaines prérogatives jusqu'ici dévolues à Ackbar, et insista sur ses propres capacités à assumer le commandement suprême de l'armée républicaine.

Lors du débriefing de Han Solo sur la Bataille de Sluis Van, Borsk tenta de faire porter le chapeau du semi-échec à Ackbar, et quand Solo lança par mégarde que l'Empire était désormais dirigé par un Grand Amiral, Borsk refusa d'y croire et dédaigna l'information : celle-ci risquait par trop de détourner l'attention de ses pairs du Conseil sur le cas Ackbar.

En fin de compte, Borsk insista tant et si bien sur ses compétences que certains membres du Conseil, et Mon Mothma elle-même, hésitèrent à lui lâcher la bride et lui confier plus de pouvoirs, le soupçonnant d'avoir des arrière-pensées. Ce que le Bothan ignorait, c'est qu'il était tombé dans un piège subtil de Thrawn, le Complot contre Ackbar...

Garm Bel Iblis

Borsk était un homme patient, et le bien commun ne l'intéressait que s'il pouvait en profiter, d'une manière ou d'une autre. Quand il prit contact avec le groupe rebelle de Garm Bel Iblis, il se garda bien d'en faire part à qui que ce soit d'autre que ses partisans bothans. Il alla jusqu'à faire intervenir quatre vaisseaux bothans au large de New Cov pour attaquer un Victory. Bel Iblis s'y cachait et Borsk tenait à ce que les choses restent en état, jusqu'à qu'ils entrent en scène tous deux, côte à côte. Une occasion unique d'apparaître comme étant un héros. En attendant ce moment, Borsk fit parvenir des fonds au groupe de Bel Iblis afin qu'il se développe, par l'intermédiaire de son fidèle conseiller Tav Brei'lya. Il espérait de la reconnaissance en échange, qu'il comptait bien convertir politiquement. Profitant des réticences de Bel Iblis envers Mon Mothma, Borsk insista sur le fait qu'il la pressentait comme étant attirée par le pouvoir.

En fin de compte, Garm Bel Iblis se dévoila lors de la bataille pour la conquête de la Flotte Katana. Manipulé par Han Solo, il se fit réquisitionner officiellement par Leia. Les mois de complots de Borsk Fey'lya venaient de tomber à l'eau : il ne profiterait pas des retombées politiques du retour du sénateur corellien.

La Flotte Katana

Quand Talon Karrde offrit la Flotte Katana sur un plateau au Conseil Provisoire, Borsk Fey'lya fut loin de s'en réjouir : hors de question de laisser quiconque d'autre que lui la ramener dans le giron de la République. Il se devait d'être à la tête de cette mission, afin qu'il soit dit que la flotte était revenue grâce à lui.

Karrde lui coupa l'herbe sous le pied : avec le soutien de Leia Organa Solo, il envoya l'Escadron Rogue, Han Solo et Luke Skywalker vers la Flotte Katana avant que le groupe de Borsk ne parte. Celui-ci, très vexé à l'idée de voir les retombées de cette prestigieuse mission lui échapper, alla jusqu'à demander - vainement - à Mon Mothma de faire arrêter Leia. Finalement, le Bothan dut accepter la présence de Leia et de Talon Karrde à bord de son vaisseau lors de la récupération de la flotte. Quoi qu'il arrive, il devrait partager les fruits de la victoire...

Quand le Judicator, un Super Star Destroyer impérial, surgit, bien mieux armé que le détachement commandé par Borsk, celui-ci ordonna la fuite en abandonnant les Rogue, Luke et Han. Leia tenta bien sûr de s'y opposer, mais Borsk était suffisamment rompu à la dialectique pour avoir un argument : s'ils ne fuyaient pas, les jumeaux dont Leia était enceinte risquaient de ne jamais voir le jour. Le Bothan perdit toute commune mesure quand il menaça Leia d'un blaster, afin d'être sûr qu'elle ne ferait rien d'inconsidéré.

C'est Talon Karrde qui provoqua sa chute, en le poussant à avouer à quel point il n'avait que mépris pour les militaires qu'il prétendait défendre. Ce que Borsk ignorait, c'est que Leia, malgré ses pouvoirs balbutiants de Jedi, avait ouvert l'intercom. Le commandant du vaisseau, Virgilio, comprenant à quel point il s'était mépris sur Borsk, le fit enfermer dans ses quartiers avant de voler au secours des Rogue. La Bataille pour la Flotte Katana put alors véritablement commencer...

L.O. : Est-ce donc vrai, Conseiller ? Tout ce que vous avez raconté sur vos soutiens militaires était plus qu'une simple manœuvre politique ?
B.F. : Ne soyez pas stupide, Conseillère. À quoi donc pourraient servir les soldats pour un politicien ?
T.K. : Et c'est ce qui expliquerait pourquoi la mort des hommes de l'Escadron Rogue vous est indifférente ? Parce qu'il préfère ne pas se mêler de politique ?
B. F. : Nul ne se soucie de la mort de ses ennemis. Et tous ceux qui ne sont pas de mon côté sont mes ennemis.
_Leia Organa (L.O.), Borsk Fey'lya (B.F.) et Talon Karrde (T.K.)

Pénitence

Avec cette affaire, Borsk perdit tous ses soutiens militaires. Sa crédibilité finit de voler en éclats quand Ackbar fut innocenté de toute malversation. Comme il n'avait eu de cesse d'enfoncer le Mon Calamari déchu, sa stratégie lui revint en pleine figure. S'il n'en demeurait pas moins membre du Conseil Provisoire, il se réfugia dans un silence boudeur dans les mois qui suivirent.

Il n'en sortit qu'à l'extrême fin de la guerre contre Thrawn, quand il soutint l'envoi de renforts à Luke Skywalker et Han Solo en mission sur Wayland, afin de mettre la main sur les richesses d'un entrepôt secret de feu Palpatine. Ce soutien inattendu en rendit plus d'un perplexe, mais il était bien évident que Borsk avait une idée derrière la tête. Pour une fois, elle ne concernait pas ses ambitions personnelles, mais la terreur de voir ressurgir des informations liées au massacre des Caamasi. Ce ne serait pas pour cette fois-ci, mais on allait en reparler dix ans plus tard...

Plus que jamais rancunier envers Booster Terrik, qui n'avait pas lâché l'ancien Virulent devenu l'Aventurier Errant et ne s'était pas joint à la Nouvelle République pendant la guerre, Borsk tenta de faire nationaliser le vaisseau. Il en fut là encore pour ses frais.

Le cas Asyr Sei'lar

Une fois Thrawn mort, l'Empire existait toujours mais était sur le déclin. Asyr Sei'lar, membre de l'Escadron Rogue, était désormais considérée comme une légende par son peuple. Mais aux yeux du toujours influent Borsk Fey'lya, elle s'égarait quand elle affirmait son droit à se marier avec son collègue humain Gavin Darklighter, et quand elle entreprit d'adopter avec lui un orphelin bothan, Borsk opposa une fin de non-recevoir à ses désirs : au vu de son statut, ses actes devaient servir le peuple bothan avant tout.

Le conflit avec Asyr poussa Borsk à s'intéresser à nouveau à l'Escadron Rogue, qu'il n'avait jamais porté dans son cœur... et vice-versa. Quand Wedge proposa de rendre publique l'existence des Stations Pulsar du prince-amiral Krennel, qui rappelait visuellement l'Étoile Noire, Borsk tenta de s'y opposer. Comme à l'accoutumée avec lui, le savoir étant le pouvoir, il était sage de le garder sous le coude. Et l'homme politique roué qu'il était détestait donner raison à ses adversaires... du moins sans avoir âprement négocié.

Suite à la mort présumée d'Asyr lors de la Bataille de Distna, Borsk vainquit ses réticences envers Booster Terrik et tenta de le corrompre : il voulait que le peuple bothan récupère le corps d'Asyr. Conscient que celui-ci n'existait plus, il demanda à Terrik de lui fournir un corps qu'il pourrait faire passer pour celui de l'héroïne bothane de l'Escadron Rogue. Cette proposition, qui allait à l'encontre de toutes les convictions de Terrik, fut le point de rupture entre les deux hommes : le vieux pirate corellien asséna un coup de tête puis un coup de poing dans l'estomac au Bothan. Borsk n'eut pourtant pas honte de son acte, car il l'avait fait pour le bien du peuple bothan.

- Moi, je voudrais aider le peuple bothan. Les Bothans chérissent la mémoire de leurs martyrs, mais le monument qui leur est consacré sur Bothawui est vide parce que l'Empire a détruit leurs corps. J'entends qu'Asyr y soit enterrée, et je suis prêt à couvrir les frais d'une expédition.
- Vous n'avez pas compris ce que j'ai dit ? Il n'y a plus rien là-bas.
- C'est vous qui ne m'avez pas compris. Un homme aussi débrouillard que vous pourrait trouver un cadavre convenable... Vous seriez considérablement récompensé.
- Vous croyez qu'il est si facile de mettre la main sur une Bothane morte ?
- Je ne doute pas qu'un homme tel que vous serait capable d'arranger les choses.
- Même si ça signifie tuer une Bothane innocente ?
- Il y a des hors-la-loi et des racailles dont la vie ne sert à rien. Ce serait l'occasion pour l'un d'eux de se racheter. Et je serai très généreux. Ma gratitude vous serait très utile.
_Borsk Fey'lya et Booster Terrik

Un être rancunier... Un être rancunier... Quand Wedge Antilles, présumé mort jusque-là, envoya un message au Conseil de la Nouvelle République afin d'obtenir des renforts dans l'Hégémonie Ciutric, Borsk, fidèle à ses habitudes, s'y opposa. Toute proposition n'émanant pas de lui ou n'étant pas contrôlée par lui était dangereuse à ses yeux, comme à l'accoutumée.

L'épisode Kueller

Nous sommes 17 ans après la Bataille de Yavin. Pendant les huit dernières années, Borsk n'avait pas eu d'occasion de reprendre son ascension politique, même s'il était toujours un politicien important au sein de la Nouvelle République, en tant que membre du Conseil Intérieur. Comme bien des sénateurs, il fut blessé - mais seulement légèrement - lors de l'attentat au Sénat fomenté par Kueller.

Les conséquences de l'attentat furent que des sénateurs de mondes anciennement impériaux occupèrent une place importante au Sénat. Borsk étant loin de les porter dans son cœur, il soutint Leia Organa Solo, alors Présidente de la République, lors des sessions du Conseil. Pour une fois, leurs intérêts convergeaient.

Proche de la présidence

Évidemment, les relations apaisées entre Borsk et Leia ne durèrent pas longtemps. Lors de la Crise de la Flotte Noire, Borsk, dirigeant du Conseil de Justice, se retrouva en position de chef de l'opposition lorsque Leia fut à nouveau contestée par le Sénat. Borsk siégeait depuis si longtemps dans les instances politiques de la Nouvelle République qu'il était auréolé d'un certain prestige.

Opportuniste mais pas idiot, Borsk savait manœuvrer ses adversaires. Une motion de censure fut déposée contre Leia devant le Conseil Dirigeant de la Nouvelle République, suite à la Bataille de Doornik-319. Borsk se rendant compte avant même le vote que la motion n'avait aucune chance d'aboutir, il prit le parti de soutenir Leia. Ses ennemis politiques en sortirent affaiblis tandis que lui gardait ses atouts dans sa manche.

Borsk tenta par la suite d'obtenir les quatre voix qu'il lui fallait pour devenir président après avoir fait destituer Leia. Le premier pas fut fait quand la motion de censure parvint enfin à passer, notamment avec le soutien du Bothan. Il n'y en eut pas de second, car la procédure fut suspendue quand Leia déclara la guerre aux Yevethas.

La Crise de Caamas

Deux ans plus tard, Borsk n'était toujours pas devenu Président de la République, même si Leia n'occupait plus le poste. Ponc Gavrisom, ancien partisan de Leia, occupait la place. Toujours Conseiller, Borsk fut en première ligne d'une grave crise qui allait toucher de plein fouet le peuple bothan : la galaxie apprit que c'était des Bothans qui avaient anéanti les Caamasi.

Borsk Fey'lya avait toujours redouté ce moment. Sous les ordres de Palpatine, quelques décennies plus tôt, un groupe de saboteurs bothans avait pris part à une mission consistant à détruire les générateurs de boucliers de Caamas. Le génocide avait ainsi pu avoir lieu. Les dirigeants bothans n'avaient appris la participation de certains des leurs que bien des années plus tard, et ne furent pas capables d'identifier les saboteurs. Quoi qu'il en soit, ces graves événements avaient été la cause de leur ralliement à l'Alliance Rebelle.

Au bord du précipice... Au bord du précipice... Quand cette vérité éclata, Borsk sut que c'est tout le peuple bothan qui allait être accusé du génocide. La brutalité avec laquelle Caamas avait été frappé avait marqué les esprits pour longtemps, d'autant plus que les Caamasi étaient un peuple résolument pacifiste. Et c'est Borsk qui, en tant que représentant des Bothans, allait avoir la lourde charge de défendre les siens. Il se rendit sur-le-champ sur Bothawui pour avoir un long entretien avec les dirigeants des clans bothans, mais ceux-ci n'avaient pas plus de réponses à apporter sur l'identité des saboteurs qu'auparavant.

Borsk fut pris à partie au Sénat par certains de ses pairs : ils ne croyaient pas en la sincérité du sénateur. Ils pensaient que la solidarité bothane était en train de s'exercer et que les Bothans protégeaient les leurs.

Les choses n'étaient pas prêtes de s'arranger pour les Bothans : le président Gavrisom montra en avant-première à Leia et à Borsk un projet émanant du Sénat, qui proposait que le peuple bothan investisse ses impressionnantes ressources financières à l'aménagement du monde d'accueil pour les Caamasi survivants, en geste de réparation. Pris à la gorge, Borsk dévoila ce qu'il aurait préféré taire : les clans bothans étaient au bord de la faillite depuis plusieurs années, suite à des investissements qui avaient mal tourné. Ils avaient pris soin de cacher soigneusement leur situation en attendant de se refaire. Quoi qu'il en soit, dans le meilleur des cas, ils ne seraient à même de satisfaire aux exigences financières du projet que d'ici une dizaine d'années...

Devenu inutile voire suspect, Borsk quitta Coruscant et se trouvait parmi les siens sur Bothawui lorsque la bataille décisive qui allait clore la crise eut lieu en orbite de la planète des Bothans.

En route vers le pouvoir, toujours...

Dès que la paix revint dans la Nouvelle République, que ce soit en son sein ou suite à la signature du traité de paix avec les Vestiges de l'Empire, Borsk put reprendre sa marche en avant vers le pouvoir. Il était d'ailleurs d'autant plus important à ses yeux d'occuper d'une manière « positive » le terrain que la crise avait été rude. Certains militaires bothans de haut rang ayant démissionné pendant la Crise de Caamas, Borsk en profita pour promouvoir son cousin Traest Kre'fey. Celui-ci deviendrait l'un des amiraux les plus importants lors de la guerre contre les Yuuzhan Vong. Les Bothans annoncèrent en outre qu'ils allaient construire un certain nombre de croiseurs d'assaut pour les besoins de la Nouvelle République.

Dans un registre plus léger, la même année, au milieu d'un impressionnant parterre de dignitaires officiels, Borsk Fey'lya assista au mariage entre Luke Skywalker et Mara Jade.

Président de la Nouvelle République

Une nouvelle manière de faire de la politique

Au pinacle du pouvoir... Au pinacle du pouvoir... Cinq ans plus tard, le rêve de Borsk Fey'lya s'accomplit enfin : Leia Organa, de nouveau présidente après Ponc Gavrisom, démissionna de son poste. Le Bothan étant l'un des doyens de la politique de la Nouvelle République, qu'il avait servie dès le départ, il était auréolé d'un certain prestige auprès de la nouvelle génération de politiciens, qui voyait en lui une sorte de patriarche, voire un héros. Si Borsk accepta le poste sans enthousiasme, c'était sûrement à cause de la manière dont il l'avait obtenu : sans être porté avec ardeur par ses pairs, mais plutôt presque par défaut.

Fidèle à ses habitudes, Borsk entreprit dès lors de diviser pour mieux régner. Même au sein du Conseil, les séances étaient houleuses et souvent improductives. Hors de question pour Borsk de prendre des décisions qui ne l'avantageaient pas d'une manière ou d'une autre. Ainsi, lorsque Luke Skywalker vint annoncer qu'il n'avait pas encore pris de décision concernant la reformation d'un Conseil pour le Nouvel Ordre Jedi, certains conseillers demandèrent que des sanctions soient prises contre l'Ordre, car celui-ci menait ses propres opérations indépendamment de toute autorité. Borsk s'y opposa : rien d'irréparable n'avait été commis, et il pourrait bien avoir besoin des Jedi un de ces jours.

Le problème de Borsk était clairement qu'à force de penser d'une telle manière, il en venait à croire que tout le monde en faisait de même autour de lui. Pire, les hommes politiques qui l'entouraient se mirent à fonctionner selon le même processus. On était bien loin de la politique idéaliste voulue par Mon Mothma ou Leia Organa, qui mettait le bien commun au cœur des choses. Borsk était-il réellement à même de faire face aux événements terribles qui s'annonçaient, à savoir la Guerre contre les Yuuzhan Vong ?

Quoi qu'il en soit, il n'oublia pas de nommer ses proches et autres partisans à des postes clés : c'est ainsi que Navik le Rouge se retrouva sénateur de Rodia et du secteur Doldur, Niuk Niuv sénateur de Sullust, et Chelch Dravvad sénateur du Secteur Corellien.

Minimiser l'invasion...

Lors de la session du Sénat suivant la Crise sur Rhommamool, Leia Organa prit la parole pour annoncer aux Sénateurs l'arrivée des Yuuzhan Vong. Si Borsk demeura prudemment neutre, certains sénateurs n'hésitèrent pas à s'en prendre à Leia, se voilant les yeux face à la menace et affirmant qu'elle cherchait un prétexte pour leur reprendre le pouvoir.

Dégoûtée, Leia décida de continuer ses investigations. Quand Borsk lui rappela qu'elle n'était plus sénatrice et ne disposait donc plus de moyens politiques pour affréter une commission d'enquête, le Caamasi Elegos A'Kla la soutint et décida d'aller enquêter avec elle. Le président bothan ne s'opposa pas à eux, connaissant leur honnêteté foncière, mais ne put s'empêcher de les mettre en garde contre toute action qui pourrait être considérée comme de la trahison. Tel était Borsk : toujours à montrer qu'il maîtrisait un tant soit peu les choses, même - et surtout - quand ce n'était pas le cas.

En fait, Borsk était parfaitement au courant de l'invasion, mais limitait la circulation des informations afin de minimiser le problème. Il pensait pouvoir en venir à bout presque en secret. Sa présidence devait être celle de la paix, il était donc hors de question qu'une guerre surgisse pour miner son pouvoir. Mais Borsk dut lâcher du lest quand son cousin Traest Kre'fey menaça de démissionner de l'armée de la Nouvelle République et de partir avec ses troupes dans les Régions Inconnues... à moins que Borsk et les siens abandonnent toute idée de mener la guerre, prérogative qui devait être laissée aux militaires.

Le héros d'Ithor

Borsk se rendit rapidement compte que ses amiraux étaient bien plus à même que lui de diriger l'armée et la contre-attaque. Dès qu'il tenta de rentrer dans les détails des plans militaires, il s'aperçut à quel point il était incompétent en la matière. Il participa donc à sa manière, en se tenant informé et en avalisant les plans mis au point. Devant le sérieux de la menace, un rapprochement fut envisagé avec les Vestiges de l'Empire. Borsk y envoya Leia Organa Solo : si elle échouait, elle seule porterait le chapeau, et si elle réussissait, la réussite politique rejaillirait sur Borsk, Leia n'étant plus politicienne mais Jedi. Cette Alliance avec les Vestiges de l'Empire s'avéra pourtant être une réussite.

Au coeur de l'action, pour une fois ! Au coeur de l'action, pour une fois ! Concernant les Jedi, Borsk ménagea la chèvre et le chou : en privé, il admettait qu'ils avaient leur utilité. En public, en revanche, il s'opposait à ce qu'ils prennent part officiellement à la guerre, car l'opinion politique n'était pas friande des Jedi, trop incontrôlables. Or Borsk savait ménager son électorat...

Lorsque la Bataille d'Ithor se profila, Borsk Fey'lya et sa suite se rendirent sur la planète. Ils durent accepter le fait que Gilad Pellaeon et Traest Kre'fey menaient conjointement les opérations - sous le commandement du vieil amiral impérial ! -, assistés par des Jedi. Lors de la cérémonie de présentation de tout ce beau monde, Jagged Fel, fils du baron Soontir Fel, arriva avec son escadron chiss. S'il salua tous les militaires présents, il refusa d'en faire de même avec les politiciens, qu'il méprisait, s'attirant ainsi les foudres de Borsk.

Alors que la bataille menaçait, les conseillers de Borsk Fey'lya repartirent pour Coruscant. Sur le Ralroost, le vaisseau de l'amiral Kre'fey, le président bothan choisit de rester, s'attirant ainsi la méfiance de tous. Quel coup tordu préparait-il encore ? Leia Organa ayant choisi de rester sur place, Borsk refusa de s'en aller à son tour, afin de montrer que lui aussi était un homme courageux. Bien plus important, il voulut que son cousin Traest Kre'fey prenne la direction de la force combinée République-Empire, dirigée par Pellaeon. Or, Pellaeon et Kre'fey s'étaient mis d'accord entre eux : l'Impérial était le plus expérimenté et donc devait diriger leurs forces. Kre'fey menaça à nouveau de quitter la Nouvelle République avec ses troupes, et Pellaeon, lui, menaça de rentrer dans les Vestiges de l'Empire.

Hors de lui, Borsk ordonna l'arrestation de son cousin, mais il ne fut pas écouté. Dans une zone de guerre, il n'avait pas le moindre pouvoir. Si Traest se défendait de faire de la politique, il n'en maîtrisait pas moins les rouages : après un aparté à voix basse avec son président de cousin, il convainquit celui-ci de rester sur la passerelle pour « soutenir » moralement l'équipage, et l'en remercia à voix haute. Borsk ne pouvant qu'en retirer des avantages, notamment au niveau de sa réputation, il choisit de jouer le jeu. Il allait même surprendre son monde quand, lors de l'attaque, il prit en charge la console des communications du Ralroost après la mort de l'officier responsable.

- L'appel est parti. En attente de réponse.
- Merci, cousin. Êtes-vous sûr de vouloir rester au cœur du danger ?
- Je préfère mourir ici qu'attendre dans ma cabine que les Yuuzhan Vong me débusquent !
_Borsk Fey'lya et Traest Kre'fey

Un peu plus tard, il s'opposa avec virulence au duel que Corran Horn avait décidé de livrer contre Shedao Shai, car il ne voyait pas comment en retirer du profit à titre personnel.

Finalement, malgré la perte d'Ithor, Borsk fut loué pour son action sur la passerelle du Ralroost. Connaissant la méfiance de son électorat envers les Jedi, Borsk chercha à blâmer l'Ordre, Corran Horn en particulier, pour la défaite. Le Jedi corellien convainquit Luke Skywalker de l'exclure de l'Ordre afin de porter le chapeau seul et ne pas entraver l'action des Jedi.

Le chaos s'installe...

Au Sénat, les choses se compliquèrent pour Borsk Fey'lya, au fur et à mesure de l'avancée ennemie. Les décisions de protéger telle ou telle planète au détriment de telle autre provoquèrent des esclandres et une certaine cacophonie : certains réclamaient des mesures contre les Jedi et de hauts militaires comme Traest Kre'fey, d'autres voulaient pactiser avec les Yuuzhan Vong. Borsk s'opposa à tout afin de ne se priver d'aucune option. Le moment n'était pas encore venu de trancher, car les uns comme les autres pouvaient encore lui être utiles.

Borsk ne cherchait plus à s'immiscer dans les décisions militaires, car il n'avait pas les capacités pour y être utile, et dut faire tendre tous ses efforts sur l'aspect politique de la situation. Son état-major entendit pourtant lui forcer la main pour le réarmement de Centerpoint, même s'il était farouchement contre par principe : donner un tel pouvoir aux Corelliens, c'était affaiblir le sien. En attendant, il nomma la sénatrice de Kuat, Viqi Shesh, au Conseil, et s'attira ainsi les foudres de certains politiciens. À leurs yeux, c'était une manœuvre pour se mettre Kuat dans la poche.

Les événements de Fondor

Quoi qu'il en soit, la situation générale était en train d'échapper à Borsk. Lors d'une réunion du Conseil avec l'état-major militaire, il réitéra ses réticences envers les Jedi, n'hésitant pas à les présenter comme des traîtres prêts à fondre sur la Nouvelle République si elle s'avérait trop affaiblie. De plus, les militaires estimant probable une attaque contre Bothawui ou Corellia, Borsk voulut à tout prix faire défendre le monde de ses compatriotes. Le vote du Conseil fut serré, mais par cinq voix contre quatre, c'est la défense de Bothawui qui l'emporta. Ce que Borsk ignorait, c'est qu'il avait été manipulé par son état-major : celui-ci voulait faire croire que Corellia ne serait pas - ou mal - défendue afin de constituer une cible de choix pour les Yuuzhan Vong. Si attaque il y avait, les forces basées sur Bothawui pourraient surgir dans l'espace corellien.

Il est assez révélateur de constater à quel point la politique régissait la vie des dignitaires de la Nouvelle République : même l'état-major en venait à essayer de manipuler le président Fey'lya pour ce qui lui semblait être juste, ce qui conduisit à la Première Bataille de Fondor.

L'attaque surprise contre Fondor et l'extermination de la moitié de la Flotte Royale de Hapes, venue en renfort, par la station Centerpoint, ajouta encore plus de chaos à la situation. Les sénateurs se déchiraient pour savoir quels mondes devaient être défendus. Au milieu de ces événements, Borsk était balloté et ses manigances habituelles étaient balayées face à la gravité et à l'intensité de la guerre. Bien entendu, Borsk chercha à s'accrocher au pouvoir : il n'avait pas accompli tout ce chemin pour renoncer si facilement.

Dans le désastre ambiant, il chercha à protéger les siens et envoya les vestiges de la Cinquième Flotte défendre Bothawui, ce qui lui valut l'inimitié de dignitaires importants aux planètes moins protégées. De leur côté, les Corelliens menés par Thrackan Sal-Solo menacèrent de faire cavaliers seuls dans la guerre, galvanisés par la station opérationnelle de Centerpoint.

Temporiser...

Borsk se radicalisa et chercha plus que jamais à négocier avec tout le monde, afin de garder son pouvoir. Quand Luke vint lui demander d'évacuer le Praxeum Jedi de Yavin IV, Borsk s'y opposa, y voyant matière à perdre plus de vies qu'à en sauver. De plus, un semblant de trêve ayant pu être obtenu des Yuuzhan Vong, il s'y accrochait désespérément. Il promit même à Luke une incarcération s'il se rendait sur Yavin IV, et n'hésita pas à lui dire que lui et les Jedi étaient sous surveillance étroite.

Borsk tenait toujours tant bien que mal la baraque. Il lança un mandat d'arrêt contre Luke quand celui-ci désobéit à son ordre de ne pas se préoccuper de Yavin IV. Ce faisant, il minimisait les dégâts : en semblant agir contre les Jedi, il satisfaisait un peu les anti-Jedi. Mais il n'ignorait pas que les Jedi pouvaient être un atout, aussi envoya-t-il Kenth Hamner prévenir Luke de ses intentions, afin que celui-ci puisse fuir en attendant que les choses se calment.

En fait, Borsk jouait la montre depuis le début : il avait compris que la Nouvelle République n'était pas de taille, qu'elle ne pouvait l'emporter rapidement, qu'elle devait s'adapter à l'ennemi. Finalement, il leva l'ordre d'arrestation portant sur Luke, affirmant qu'il venait du Sénat et qu'il avait fait pression pour l'annuler. Borsk avoua à Luke qu'il ne croyait pas une seconde à la trêve, et qu'il était convaincu que les Vong voulaient tous les mondes de la galaxie. Mais politiquement parlant, il y avait trop de sénateurs anti-Jedi pour que Borsk les soutienne officiellement. En ménageant ainsi Luke, il ne désespérait pas de pouvoir compter sur lui le moment venu.

Un président aux abois

En mal d'autorité... En mal d'autorité... Leia (et Jacen, qui lui servit à cette occasion de garde du corps) fut invitée par Borsk devant le Comité de Supervision Militaire de la Nouvelle République. Quand elle s'étonna sèchement de n'avoir pas été invitée à prendre la parole devant le Sénat, Borsk lui répondit que le CSMNR serait plus à l'écoute. C'était sans doute vrai au vu de la désorganisation politique qui régnait au sein de la Nouvelle République, mais on peut néanmoins penser que c'était aussi une manière pour Borsk de ne plus placer Leia en pleine lumière au niveau de la politique galactique.

Leia fut prise à partie par Viki Shesh qui, en un an, avait pris une importance grandissante au sein des hautes sphères de la Nouvelle République, en utilisant toutes les armes mises à sa disposition : chantage, mensonges, opportunisme. Borsk Fey'lya avait créé un monstre... qui cachait à peine de ses véritables ambitions, à savoir prendre la place de président.

La séance menaça de tourner au pugilat entre les anti-Jedi et tenants d'une politique de négociation avec les Yuuzhan Vong, et les autres. Un vote fut organisé pour mener une action contre l'envahisseur, mais la trop courte majorité poussa Borsk à temporiser, en demandant son avis à l'état-major militaire, et en décidant de faire venir un émissaire ennemi afin de décider du sort des réfugiés de Talfaglio. Leia comprit à quel point les valeurs de la politique avaient changé depuis son départ, aussi décida-t-elle que c'était la dernière fois qu'elle avait affaire au Sénat et à ses représentants.

Le soutien officiel aux Jedi

Lorsque Nom Amor, émissaire de Tsavong Lah, arriva sur Coruscant pour rencontrer Borsk, celui-ci ne disposait plus de beaucoup de soutien au Sénat, empêtré dans ses différends. La confrontation eut lieu face au Sénat, face à la galaxie entière. Borsk savait que c'était rien moins que son avenir politique qui se jouait là.

Conscient que le sinistre rôle de Nom Amor était connu au sein de la Nouvelle République, Borsk n'eut pas d'autre choix que de l'attaquer bille en tête, d'autant qu'il prit vite conscience que Nom Amor n'avait qu'un but : continuer à diviser le Sénat pour accroître l'avancée des Yuuzhan Vong. Borsk, en maître manipulateur qu'il était, entreprit donc de retourner le Sénat en sa faveur, et faire taire son opposante Viki Shesh par la même occasion.

- ... les Yuuzhan Vong sont des couards et des assassins. S'ils disposaient d'au moins autant de courage que le plus futile de leurs esclaves, ils arrêteraient de se cacher derrière des réfugiés sans défense et iraient affronter directement les Jedi.
- Nous ne nous défilons pas ! Ce sont les Jedi...
- Tiens donc.
_Borsk Fey'lya et Nom Amor.

Borsk se retrouva ainsi à défendre le Nouvel Ordre Jedi, suggérant que ses membres étaient accueillis partout dans la galaxie, dont dans l'Espace Bothan. Nom Amor ignorait que les Jedi et les Bothans ne s'étaient jamais bien entendus, mais tous les sénateurs emboîtèrent le pas à Borsk pour donner à Amor des lieux improbables où il pourrait soi-disant trouver des Jedi. Borsk savait que ses compatriotes ne lui pardonneraient pas cet écart de conduite, et qu'il serait désormais persona non grata chez les siens, mais il avait repris les rênes du pouvoir d'une manière qui passerait pour ferme. Viki Shesh, qui chercha aussitôt après la scène des alliés pour faire tomber Borsk, se rendit vite compte qu'elle n'aurait pas assez de soutien pour prendre sa place.

La tentative d'assassinat

Tsavong Lah, avec qui Viki Shesh était en contact, ne vit dès lors plus qu'une solution pour éjecter le Bothan du jeu politique : l'assassinat.

La tentative eut lieu lors de la présentation du droïde CYV par Lando Calrissian, devant Borsk, Garm Bel Iblis, Wedge Antilles, Han Solo et Leia Organa Solo. Borsk profita de la présence de Leia pour essayer de la convaincre de réintégrer le Sénat : il avait besoin de son soutien, car elle était charismatique, écoutée... et Jedi. Mais comme elle avait bien conscience que c'était la manière de faire de la politique de Borsk qui avait plongé la Nouvelle République dans un tel chaos, elle refusa de s'y plonger.

La journée de Borsk fut tout de même sauvée par le fait que les Yuuzhan Vong infiltrés et chargés de le tuer furent anéantis.

Un Sénat ingérable

Une deuxième confrontation entre Nom Amor et Borsk eut lieu peu après. Le Yuuzhan Vong affirma que son maître était prêt à épargner les otages de Talfaglio en échange de prisonniers Jedi, ce à quoi Borsk s'opposa farouchement. Il en profita pour obliger Viki Shesh à faire amende honorable en public, en reconnaissant qu'il avait raison à propos des Yuuzhan Vong, à savoir qu'on ne pouvait pas leur faire confiance. Elle feignit d'être d'accord. Borsk était peut-être un arriviste dans ses propos et sa manière de faire de la politique, mais il y avait une limite clairement fixée que jamais ce qui lui servait de conscience ne lui permettrait de franchir. Une des principales failles de Borsk se dévoilait encore une fois, à savoir croire que les autres politiciens pensaient comme lui, et que la limite de leurs coups bas était la même que la sienne. Quoi qu'il en soit, il venait de reprendre une longueur d'avance sur sa principale opposante.

Quand Luke Skywalker fut convié ultérieurement à une séance du Sénat, il eut droit à une ovation, sous l'œil en apparence bienveillant de Borsk. En effet, les Jedi, assistés de Bel Iblis et Antilles, venaient de remporter une victoire sur Talfaglio. Viki Shesh l'attaqua sur le fait que les généraux républicains étaient censés être là par hasard, et elle insinua donc qu'il les avait manipulés pour l'aider, dévoilant par là-même de nouvelles technologies républicaines mises au point pour la suite de la guerre. Elle ordonna donc à Luke de faire rendre les armes aux Jedi, tandis qu'un de ses partisans occupait Borsk pour l'empêcher d'appuyer sur la victoire remportée. Le temps qu'il reprenne la main, le Sénat était à nouveau retourné à ses divisions. Que pouvait bien faire Borsk ? Tourner les talons et partir, et montrer ainsi à quel point il se plaçait au-dessus du Sénat et de son opinion ? Voilà qui serait désastreux pour son image.

Le fier Botan eut alors une idée de génie : il présenta à l'assemblée une série d'hologrammes des officiers supérieurs de l'armée de la Nouvelle République et affirma qu'ils voulaient le voir coopérer pleinement avec les Jedi. Il n'hésita pas à ajouter que si la démarche déplaisait à Viki Shesh, elle pouvait toujours demander sa destitution. Celle-ci n'osa pas aller jusque-là, sentant qu'elle n'aurait pas le soutien nécessaire. Et Borsk put avouer à Luke que les conversations avec l'état-major n'avaient pas eu lieu, et que les hologrammes étaient issus des archives. Le coup de bluff avait pleinement fonctionné ! Désormais, les choses gagnaient en clarté : Borsk avait besoin des Jedi et de leurs alliés... et vice-versa. Même si la situation ne plaisait à aucun de ces « alliés ».

Mort d'un président

Lors de la bataille finale pour Coruscant, l'amiral en chef Sovv demanda le limogeage de Garm Bel Iblis ainsi qu'une longue liste d'officiers supérieurs. Borsk s'y refusa après que l'amiral lui ait avoué qu'il n'avait pas réellement de plan. Borsk avait conscience de l'importance de l'union républicaine face au danger mortel. Quand Sovv refusa d'obéir aux ordres de Fey'lya, qui lui ordonnait de tirer sur les vaisseaux otages... voire sur les vaisseaux alliés si cela pouvait permettre aux forces de la Nouvelle République de l'emporter, le président le démit de ses fonctions et les confia à Bel Iblis. S'en suivit alors une fronde de l'état-major de l'armée, qui affirma son soutien à Sovv.

Ne restait plus qu'une carte à jouer pour Borsk, politique celle-là : convaincre Leia de le soutenir, et s'attirer ainsi les bonnes grâces des militaires, qui tenaient l'ex-présidente en haute estime. Mais Leia, qui venait de perdre son fils Anakin Solo, n'était guère d'humeur à se replonger dans la politique galactique, qu'elle avait de toute manière décidé d'abandonner des mois auparavant. Borsk eut beau arguer qu'il avait soutenu les Jedi et qu'il attendait le retour de ce soutien, il n'obtint aucun résultat.

Borsk n'avait pas encore compris que la Nouvelle République était en train de tomber, et lui avec. Il refusa de faire détruire les tours des archives, signe qu'il comptait encore retourner la situation en sa faveur. Néanmoins, alors que tout s'écroulait, Borsk laissa percer une certaine humanité de sa froide carapace. Alors que Leia s'excusait de ne pas s'être exprimée pour le soutenir auparavant, Borsk avança ses propres excuses, estimant qu'il n'avait pas le droit de lui demander une intervention alors que son plus jeune fils venait de mourir. Leia enjoignit les forces de la Nouvelle République à continuer la lutte. Borsk, quant à lui, se réfugia dans un mutisme inhabituel. Il venait de se rendre compte que ses actes avaient eu pour conséquence la perte de Coruscant, voire la destruction de la Nouvelle République. Pour la première fois de sa vie, il fut obligé de reconnaître, au moins intérieurement, qu'il s'était fourvoyé dans sa manière de faire de la politique.

La chute est proche pour Borsk Fey'lya. La chute est proche pour Borsk Fey'lya.
Borsk avait toujours été et fut jusqu'à sa mort un homme fier : quand Leia et Han voulurent le faire évacuer à bord du Faucon Millenium, le Bothan refusa. Même si tout le monde avait déserté autour de lui, son honneur lui interdisait d'en faire de même.

- Qui me fera confiance après tout ça, hein ? L'Histoire m'accusera de tout ce qui s'est passé ici, aujourd'hui. N'essayez pas de me persuader du contraire.
- Il y a d'autres façons de servir la République...
- Peut-être pour vous, princesse. Mais pas pour moi. Pas pour Borsk Fey'lya.
_Borsk Fey'lya et Leia Organa Solo.

Borsk se retrouva donc à attendre la fin. Il perçut dans la manière d'attaquer des Yuuzhan Vong le "coupe-gorge", une stratégie classique du jeu de Dejarik. Cela le rendit furieux et déterminé à mettre en place une autre stratégie de dejarik, celle de la "prise mortelle" du Faucheux de Kintan. Il espérait ainsi que les futurs historiens seraient moins durs envers lui. Jusqu'au bout et au-delà, Borsk aurait mené sa barque en bothan : l'art du paraître avant tout, vivant ou mort...

Il brancha une bombe sur les battements de son cœur et attendit ses ennemis, les Yuuzhan Vong. Ceux-ci ne tardèrent guère. Borsk demanda à voir Tsavong Lah, auprès de qui il affirma vouloir se rendre officiellement. Mais Lah avait compris que Borsk était décidé à mourir en l'emportant avec lui, aussi ne se montra-t-il pas.

Et Borsk Fey'lya se fit exploser... avec les 25 000 soldats yuuzhan vong présents.

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